50 ans de fouilles

La grotte de Han-sur-Lesse est le site pionner de l’archéologie subaquatique en Belgique. Cinquante années de plongées archéologiques (1963-2013) ont modifié la morphologie du lit de la rivière. Dans le cadre de fouilles actuelles (2012-2017), il est nécessaire de mesurer l’impact de ces fouilles sur la conservation actuelle du site et d’en définir les éléments intrusifs dans notre nouveau secteur de fouilles. Dans cette optique, un premier traitement de données issues des anciennes opérations a été réalisé.

Les interventions subaquatiques du passé se sont principalement déroulées au « Tournant du jour ». Certains autres secteurs ont toutefois été fouillés, tel que le Trou de Han, mais durant des périodes plus courtes. À l’heure actuelle, en accord avec la Direction de l’Archéologie du Service Public de Wallonie (SPW), aucune opération d’archéologie subaquatique n’est planifiée  à l’intérieur de la grotte afin de préserver ce site exceptionnel en tant que réserve archéologique, et seul un secteur limité situé sur le plan d’eau extérieur – le Trou de Han – fait l’objet de fouilles.

Le secteur du Trou de Han, situé à la sortie actuelle de la grotte et à la résurgence de la Lesse après son parcours souterrain à travers le massif de Boine, a fait l’objet de fouilles entre 1978 et 1983, suite à la découverte fortuite en 1978 de céramiques intactes des XVIIe-XVIIIe siècle dans le lit de la rivière (LIBER 1978: 1). C’est d’autre part à partir du Trou de Han qu’en 1959, Marc Jasinski et Annette Vercamer ont découvert les premiers objets archéologiques datés de l’âge du bronze, de l’époque romaine et du XVIIe siècle, découvertes qui ont favorisé la mise en place du chantier de fouilles subaquatique dans la grotte à partir de 1963 (Jasinski 1965: 51-54). Le Groupe de Plongée Souterraine de Han-sur-Lesse (GPSH), précurseur du CRAF, reçoit alors un soutien financier de la Société des Grottes de Han au printemps 1963 pour entamer, sous la direction de Mariën, des fouilles archéologiques subaquatiques dans la grotte. L’airlift (aspirateur à sédiments à injection d’air comprimé) et le radeau sont construits en juin 1963 et les fouilles commencent sur le lit de la Lesse entre des carrés faits de cornières d’aciers soudés de deux mètres de côté, orienté selon l’axe du courant (Jasinski 1965 : 54-55).

Figure: Matériel issu de la prospection du Trou de Han du 10 aout 1970 (Photo M. Jasinski)

Nous estimons que les opérations de 1978 à 1983 au Trou de Han représentent une superficie d’intervention de ± 216 m2, soit 10,8 % de la superficie totale du plan d’eau. Tout le plan d’eau a par ailleurs été prospecté en 1970 mais non fouillé. En termes de volume, nous calculons, grâce aux LIBER, qu’entre 1978 et 1983, les fouilles représentent 837 heures de plongées. Entre 2012 et 2014, nous avons fouillé ± 58 m3 de sédiment en 412 heures, ce qui correspond théoriquement à un rendement de ±1 m3 toutes les 7 heures. Si l’on applique ce ratio, nous pouvons estimer le volume fouillé entre 1978 et 1983 à ± 120 m3 (837 heures d’interventions).